Jabulani Maseko

Javel

Du 14 mai au 2 juillet 2017

Vernissage en présence de l'artiste :
samedi 13 mai à 18h
 
Finissage / rencontre avec l’artiste :
dimanche 2 juillet, dès 15h
 
 
 
 
L’artiste sud-africain Jabulani Maseko vit entre Londres et Porrentruy. Pour son exposition personnelle à l’espace d’art contemporain (les halles), il présente des travaux inédits fondés sur son histoire personnelle et mis en perspective avec l’idée générale de nation, d’immigration et de préservation de la mémoire. Né en 1977 à Johannesburg, Jabulani Maseko conçoit des travaux multimédia en étroite relation avec la politique. Il utilise son propre corps comme une surface d’expression et l’expression d’une résistance.  

Le mot « Javel » qu’a choisi Jabulani Maseko comme titre d’exposition résonne de façon ironique sur le carton d’invitation, avec la bouche souriante d’un enfant noir. Tirée de la seule photographie que l’artiste a conservée de son enfance, l’image date de l’époque où il était le seul noir à être scolarisé dans un établissement réservé aux blancs. Le sourire emblématique où manque une dent de lait sert de point de départ à une série de cinq dessins qui sont autant de variations obsessionnelles. La série induit une forme de nostalgie qui contraste avec le contexte du milieu des années 80 dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. 

Organe du langage, la bouche est également au centre de la vidéo (Between the two, 2017) projetée sur le mur. On y voit le visage de l’artiste, les lèvres recouvertes d’une feuille dorée. Leurs mouvements suggèrent des phrases mais aucun son n’est audible. Associé au corps, l’or est récurrent dans le travail de Jabulani Maseko. Son emploi est justifié autant pour son aspect esthétique que pour sa symbolique dans l’histoire de l’Afrique du Sud, principale producteur mondial d’or, moteur du développement de la ville de Johannesburg. Toujours au cœur des tensions sociales, la politique minière a coûté la vie, et coûte encore celle de nombreuses personnes. Par cette performance filmée, l’artiste valorise la parole des mineurs, tout en véhiculant l’idée qu’elle reste inaudible, que la vérité peine à se faire entendre.

Dans la cour intérieure de l’édifice des halles, les drapeaux grand format de l’Afrique du Sud, des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de l’Europe imposent leur présence. Déstructurés par l’artiste, leurs éléments constitutifs sont parfois intervertis, ou alors c’est leur tissu qui est mélangé au plastique des grands sacs utilisés par les migrants. Les nationalités qu’évoquent les drapeaux sont directement liées la biographie de l’artiste. L’aspect dominant et oppressant des drapeaux s’étend jusqu’à l’entrée de l’exposition où le visiteur est obligé de contourner celui de la Suisse dont la croix est vide de matière, laissant entrevoir l’intérieur de la salle. Le morcellement des drapeaux symbolisent les mouvements historiques et migratoires. Il questionne aussi l’identité nationale omniprésente dans les discours politiques et l’immatérialité des signes nationaux.

 

A l’occasion de l’exposition paraît une édition dans le cadre de l’édition ( les halles ), une image au rayon-x du pied de l’artiste dont le talon est fracturé, réalisée en collaboration avec l’atelier de gravure de Moutier. 

 

www.eac-leshalles.ch
 
biografie: pdf

Prochaine exposition : Annaïk Lou Pitteloud / Steve van den Bosch
 
 
EAC (les halles)
Heures d’ouverture :
jeudi 17h-19h, samedi 10h-12h et 13h30-17h30,
dimanche 13h30-17h30
25 mai - Ascension, 5 juin - Lundi de Pentecôte
et le 15 juin - Fête-Dieu : 13h30-17h30 / Entrée libre

Contact : Catherine Kohler, commissaire d’exposition, catherine.kohler@gmail.com,
T : 079 758 33 38

 
L’EAC ( les halles ) bénéficie du soutien de :
Office de la culture du canton du Jura, SWISSLOS,
Conseil du Jura bernois,
Municipalité de Porrentruy,
Minerva Kunst Stiftung
Loterie Romande,
Alfred Richterich Stiftung, Fondation Loisirs-Casino,
Centre d’Impression Le Pays SA,
Brasserie Blanche Pierre
Magik’s Informatique Delémont.